“Le collectif nous permet d’aller plus loin”
Palmira Martins exerce deux activités complémentaires :
- Elle a créé Florafeminae, une gamme de plantes pour soulager les troubles féminins.
- Elle est productrice et membre de Bio Orb PPAM, une coopérative de producteurs d’huiles essentielles et d’hydrolats située dans le Haut-Languedoc.
Comment es-tu devenue herboriste ?
“C’est une reconversion professionnelle. J’ai étudié l’herboristerie à l’École des plantes de Lyon. Je voulais devenir paysanne et produire. Les effets des plantes peuvent être parfois décevants, car les plantes elles-mêmes ne sont pas de bonne qualité.
Pour bénéficier de toutes les propriétés d’une plante, il faut la cultiver en bio, maintenir un sol riche et vivant et respecter son cycle.
Ça demande parfois de la patience… Hier, par exemple, j’ai récolté des racines d’astragale que j’attendais depuis trois ans ! Il y a aussi la réglisse : elle pousse rapidement, mais il faut attendre trois ans pour que sa racine soit intéressante.” “Je cultive et je distille moi-même. C’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup.”
Qu’est-ce que ce travail a changé dans ta vie depuis que tu es herboriste ?
“Ça a tout changé ! Quand on travaille la terre, on s’aperçoit qu’on devient dépendant d’elle. On se met à la disposition de nos végétaux. Cela change nos modes de vie. J’ai longtemps travaillé en ville. Aujourd’hui, je vis à la campagne. En été, je commence très tôt pour éviter les fortes chaleurs. Je vis au rythme des saisons et de la météo.”
Tu fais partie de Bio Orb PPAM, une coopérative engagée dans la démarche Bio Équitable en France. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
“Nous sommes une trentaine de petits producteurs. Nous cultivons tous des plantes aromatiques.. Nous les distillons ensemble grâce à un alambic commun, puis la coopérative commercialise nos produits. Je cultive notamment de l’hélichryse italienne, souvent appelée « immortelle ».”
“La coopérative m’a aussi permis d’avancer plus vite dans la mise en place de mesures agroécologiques. Le label Bio Équitable en France nous encourage à mettre des choses en place. Il nous stimule et nous permet d’aller plus loin. Il y a aussi le bénéfice de travailler en équipe : nous pouvons résoudre ensemble des problématiques commerciales et sortir de l’isolement.”
Quels sont aujourd’hui les principaux défis de ton exploitation ?
« Dans l’Hérault, nous avons eu trois mois sans une goutte d’eau. La sécheresse et les canicules nous poussent à adopter des pratiques agroécologiques pour protéger nos cultures du soleil. Je crée de l’ombre : j’ai déjà planté une centaine d’arbres et je vais poursuivre cette année. J’utilise également beaucoup de paillage pour éviter l’évaporation de l’eau du sol . Pour moi, le principal défi est climatique. »