Bio Direct : une filière d’éleveurs qui respectent la terre et les animaux

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Bio Direct regroupe des éleveurs et éleveuses de porcs bio répartis dans toute la France. Respect du bien-être animal, respect de l’environnement, et respect des éleveurs sont les piliers de leur engagement.

Pourquoi avoir rejoint le label Bio Equitable en France ?

« Rejoindre Bio Equitable en France est un moyen de maintenir et de faire perdurer une agriculture bio, paysanne et locale. C’est également une façon de redonner le pouvoir aux agriculteurs. »

Quels sont les produits labellisés Bio Equitable en France ?

La viande ou charcuterie est transformée par deux salaisons qui appartiennent à Bio Direct : Salaison Bio Valeur et CAPG.

Où trouver ces produits ?

En magasins spécialisés bio, en boucheries et en vente directe.

Pourquoi c’est bon pour la planète, les paysan-ne-s et ma santé ?

– les animaux sont nourris avec des céréales bio françaises, min 50% sont produites sur la ferme
– le retour au sol des déjections des porcs permettent de fertiliser les cultures de céréales, respectant ainsi un cercle vertueux entre animal et végétal
– les porcs sont élevés sur paille ou en plein air (0 caillebotis), ils sont ainsi libres d’exprimer leurs comportements naturels

Pour en savoir plus : https://www.porcbiologique.fr/
Témoignage de Riwal, 
Groupement Bio Direct

Qui êtes-vous ?

Riwal, 32 ans, j’élève des cochons. J’ai repris la ferme de mes parents qui étaient éleveurs en conventionnel, sur paille. Mon projet était de m’installer en bio, suite à un an et demi de démarches administratives j’ai enchainé avec un an et demi de travaux, cela m’a donc pris 3 ans pour démarrer mon activité. Plus que la bio c’est le cahier des charges Bio Direct qui m’a donné envie de transformer la ferme familiale. Avant de m’installer j’ai travaillé presque 4 ans dans une ferme porcine en plein air de Bio Direct et 1 an dans un atelier de naissage en bio. J’ai également travaillé auprès d’éleveurs en conventionnel. Lors de mon installation j’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes parents, et j’ai également été très bien soutenu et accompagné par Bio Direct.

Quelles sont les activités de votre ferme ?

Je suis naisseur engraisseur c’est-à-dire que je m’occupe des cochons de leur naissance à leur croissance. J’ai un cheptel de 60 truies, et une cinquantaine d’hectares qui me permettent de produire la moitié des aliments que je donne à mes cochons. Sur ma ferme je fabrique moi-même leurs aliments, avec mes propres céréales ou avec des céréales que je récupère auprès de paysans voisins. Quand j’achète à l’extérieur les céréales viennent d’un rayon de 7kms maximum autour de ma ferme.

Comment êtes-vous organisé ? Combien de personnes travaillent avec vous ?

J’ai un salarié à mi-temps que je partage avec un collègue éleveur, j’en suis très content, il est super ! Mon père aide encore un peu mais plus ponctuellement désormais.

Que faites-vous en ce moment sur la ferme ?

Ces dernières semaines c’était la récolte des céréales. Comme je stocke les céréales sur ma ferme la difficulté pour moi c’est de récolter une céréale de qualité, c’est-à-dire plutôt sèche et avec peu de mauvaises herbes. Je récolte et stocke aussi la paille, et elle doit être bien sèche pour ne pas moisir et être inutilisable pour la santé et le confort des cochons. Cette année c’était très compliqué car il n’a fait beau qu’en fin d’été, du coup on a eu une montée massive de mauvaises herbes et le risque c’est une mauvaise qualité de récolte. Pour éviter cela j’ai essayé cet été une technique qui est le fauchage-andainage, ça consiste à faucher la céréale une semaine avant, la laisse sécher une semaine au champ, puis moissonner.

Quels sont vos projets ?

Ce qui m’anime dans la bio c’est maintenir en propre mon autonomie alimentaire : être le moins dépendant possible de céréales hors de ma commune. J’aspire également à trouver un peu plus de temps pour davantage m’investir dans la filière Bio Direct, bien que je sois déjà au bureau du groupement. Je suis également engagé au sein de Forebio (Fédération des organisations économiques 100% bio), j’aimerais y consacrer plus de temps.

D’ici l’année prochaine je vais aussi allonger ma rotation de cultures (ndlr : organisation de la succession culturale des espèces sur une parcelle) en faisant un échange de terre avec un légumier bio. En bio nous n’avons pas le droit aux produits chimiques, du coup si on fait une seule culture et courte par exemple on s’expose aux maladies, aux mauvaises herbes… pour éviter cela on allonge la rotation des cultures, cela améliore la biodiversité du sol.

Pouvez-vous nous expliquer comment vivent vos cochons ?

Mes cochons vivent sur la paille, ils peuvent fouir, travailler le sol. C’est très important car un cochon ne transpire pas, la seule manière pour lui de réguler sa température quand il fait chaud c’est de faire des bauges où il peut se baigner, ce qui est impossible sur caillebotis. Cela leur permet d’exprimer leurs instincts naturels. Le cahier des charges bio européen autorise 50% de la vie de l’animal sur caillebotis, chez Bio Direct c’est 0 caillebotis. Le cochon peut laisser libre cours à ses envies : il peut aller à l’intérieur ou à l’extérieur selon la température extérieure, cela respecte son mode de vie. Toutes les 6 semaines j’ai des mises-bas, au bout de 6 semaines les porcelets sont envoyés au sevrage. Ma vétérinaire appelle cela un « sevrage nature » car à cette période-là le porcelet n’a plus besoin de sa mère pour se nourrir et c’est le moment où les truies s’isolent.

Je peux payer mon salarié à sa juste valeur et je peux même anticiper de futurs projets,

c’est la force d’une ferme en bio.

Pourquoi avez-vous rejoint le groupement Bio Direct ?
Ce qui est primordial pour moi c’est la cohérence avec le sol et le territoire : exporter des lisiers à l’autre bout du département je n’estime pas cela cohérent… Fermes 100% bio, limitation de la taille des fermes, autonomie alimentaire à minimum 50%, 0 caillebotis : tout ça c’est dans le cahier des charges Bio Direct mais pas dans le label bio européen. Pour moi la bio respecte l’environnement quand elle est mesurée dans sa taille et inscrite au sein de son territoire. Le fait de devoir être autonome sur l’alimentation des animaux ça pousse aussi le paysan à avoir sa fabrique d’aliments donc à valoriser les céréales du secteur. Ça limite le coût de l’essence, ça permet des échanges entre paysans, c’est bon pour la vie sociale, et ça permet aussi une synergie entre nos activités. Par exemple je leur donne du fumier pour fertiliser leurs champs de choux fleurs et eux me restituent leur paille.

Aujourd’hui, dans votre 4ème année d’activité, quels sont vos résultats ?

Mes résultats techniques et économiques sont au-delà de mes espérances. Le prix du cochon fixé au sein de Bio Direct m’a permis d’obtenir un meilleur prix que mon étude prévisionnelle. Malgré une filière porcine en bio qui se tend, la filière Bio Direct a maintenu le prix aux éleveurs et je peux dire que je vis bien de mon travail. Je peux payer mon salarié à sa juste valeur et je peux même anticiper de futurs projets, ce qui est la force d’une ferme en bio.